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Alexandra, qui était à l'origine une princesse de Hesse, a passé son enfance à Darmstadt et en Angleterre, auprès de sa grand-mère, la reine Victoria. Le frère de l'impératrice, Ernst-Ludwig, devint grand-duc de Hesse à la mort de leur père. Ernst-Ludwig portait de l'intérêt à tous les arts et il essaya de faire de sa ville de Darmstadt un centre global pour le développement de l'art moderne. Le grand-duc établit ainsi la "Colonie d'Artistes" de Darmstadt. Les plus grands artistes de l'époque participèrent aux expositions qu'on y organisait, notamment Peter Behrens et les autres chefs de file du modern style, que l'on appelait Jugendstil dans les pays germaniques et Art Nouveau aux Etats-Unis, en Angleterre et en France. En Russie, on parlait de "Style Moderne". Ce mouvement trouva un sol fertile à Darmstadt, grâce aux encouragements du grand-duc, et un splendide complexe de bâtiments et de pavillons à la Colonie des Artistes. Les expositions incluaient en effet des maisons modèles dans le style Jugendstil, où tout, jusqu'à l'argenterie, avait été dessiné par de célèbres artistes tels que Behrens. Nicolas et Alexandra visitèrent ces expositions et leurs visites furent l'occasion de réceptions de gala et d'autant de publicité gratuite pour celles-ci. Alexandra aimait les choses modernes et elle appréciait tout ce qu'elle voyait, alors qu'on la conduisait à travers les salles d'expositions et les maisons modèles. Elle était très fière de ce qu'avait accompli son frère et du rôle de son pays natal dans l'encouragement de l'art moderne. L'impératrice fit beaucoup d'acquisitions à la Colonie d'Artistes : vases, étoffes, meubles, etc. Nicolas, lui, détestait le style Art Nouveau, spécialement dans ses manifestations les plus extrêmes et les plus austères.

 

Ci-dessus : la partie droite du cabinet en érable et de la banquette, photographie des années 1920. Notez l'absence, dans le cabinet, des oeufs de Fabergé de l'Impératrice. Le portrait de Nicolas est de Georges Becker. Le pastel de la grande-duchesse Maria en haut à gauche a été réalisé en 1903 par Friedrich von Kaulbach. Au-dessous se trouve un autre pastel de Kaulbach, représentant Anastasia et datant de la même année.

Ernst-Ludwig était un visiteur assidu du Palais Alexandre et il a certainement dû donner beaucoup de conseils à sa soeur, en matière de décoration et de création. Alexandra admirait beaucoup son frère et elle était très proche de lui du point de vue du caractère et des goûts. Après son mari, il était certainement la personne la plus proche d'elle et l'ami et le confident en qui elle avait le plus confiance. Ernst-Ludwig était une des rares personnes qu'elle écoutait et dont elle acceptait les conseils. Tandis qu'à ses soeurs aînées, elle n'offrait que silence et résistance à leurs recommandations, qu'elle trouvait souvent trop condescendantes. Sa soeur Elisabeth avait supervisé la restauration des appartements du Palais d'hiver en 1894-1895, mais l'impératrice avait toujours estimé que cela reflétait trop les goûts de celle-ci et pas assez les siens propres. Nicolas et Alexandra avaient choisi les tissus et les tapis, mais l'agencement et les styles l'avaient été selon les idées d'Elisabeth, qui travaillait directement avec Roman Meltzer, le décorateur.

Quand, en 1902, Alexandra informa Ernst-Ludwig qu'elle et l'empereur prévoyaient d'agrandir leurs appartements au Palais Alexandre, et qu'elle avait décidé avec Meltzer de traiter l'espace dans le style Jugendstil, il dû se sentir tout disposé à l'aider. Le projet prévoyait la construction de deux grands salons au rez-de-chaussée, et de pièces supplémentaires pour les enfants au-dessus. Une des deux pièces serait un confortable salon pour l'impératrice, et on l'appellerait Salon d'Erable, à cause de l'utilisation généreuse du bois d'érable à travers toute la pièce.

Le Salon d'Erable était une pièce spacieuse et charmante, très claire, et sans doute le plus agréable intérieur Art Nouveau en Russie. Les murs étaient peints dans une chaude couleur rose. Pour les décorer, des branchages de rosiers allemands, sculptés et moulés en plâtre blanc, grimpaient et s'entrelaçaient jusqu'à un cercle vert pale, situé au centre du plafond. Tout autour de la pièce, une haute corniche incurvée dissimulait des ampoules électriques dont la lumière était ainsi réfléchie à travers le salon par le plafond blanc. C'est l'une des premières utilisations de la technique de l'éclairage indirect, aujourd'hui tout à fait banale, mais qui était plutôt osée à l'époque.

Ci-dessus: détail de la corniche. On aperçoit un morceau de verre vert derrière les moulages en plâtre. La lumière brillait à travers celui-ci.

Les roses en plâtre moulé étaient habilement multipliées pour former une délicate sculpture au niveau du grand balcon de bois d'érable qui traversait toute la pièce. Le balcon était incurvé au sommet et terminé par des panneaux de petits carreaux de verre. Des lampes en bronze et vitrail pendaient de ces supports, comme des chauves-souris. Un escalier, muni d'une rampe aux courbes sinueuses, conduisait du coin droit de la pièce jusqu'au balcon, qui donnait lui-même accès à un étage entresolé, au-dessus du corridor, et, de là, au Nouveau Bureau de Nicolas.

Le bois d'érable utilisé était d'une variété spéciale qui, dit-on, nécessitait sept années d'immersion dans l'eau, afin qu'il puisse être travaillé et façonné à la façon de l'Art Nouveau. L'érable était d'ailleurs l'essence préférée de nombreux ébénistes de l'Art Nouveau. Certes, son grain dur était un défi pour le sculpteur, mais le bois prenait un éclat profond après le polissage, proche de celui de l'or. Il était également très dur et les fins motifs sculptés se conservaient longtemps. On en utilisa aussi de grandes quantités pour le mobilier de ce salon.

Au-dessous du balcon se trouvaient deux confortables espaces pour s'asseoir, séparés par une cheminée aux carreaux de céramique. L'impératrice disposait d'une chaise longue Art Nouveau près de la fenêtre, juste au-dessus d'immenses jardinières où s'entassaient des pots de fleurs odorantes. A l'autre extrémité, sous le balcon, se trouvait une banquette pour ses enfants, où ils pouvaient travailler et jouer, pendant que l'impératrice lisait ou vaquait à ses travaux de couture. Au-dessus de la banquette, il y avait des étagères pour une collection de petits vases.

Un tapis en peau d'ours s'étalait au travers d'une épaisse moquette de castor gris. La peau d'ours était un vestige du vieux Salon de Musique, qui occupait l'espace où se tenaient désormais le Salon d'Erable et le Nouveau Bureau. C'était un formidable tapis de jeu pour les enfants quand ils étaient petits.

A gauche: le cabinet d'angle, sur une photographie prise dans les années 1930.

La pièce centrale du salon était un magnifique cabinet en érable, dans le coin gauche, du côté du Salon de Palissandre. D'après les premiers plans de cette pièce, cet espace était destiné à recevoir un énorme poêle. C'est Alexandra qui eut l'idée de supprimer ce poêle -qui était devenu inutile puisque cette partie du palais disposait désormais du chauffage central -et elle participa à la création de ce cabinet. C'est ici que l'impératrice conservait la plupart de ces oeufs de Fabergé. Le cabinet était suffisamment en hauteur et difficile à atteindre pour mettre à l'abri les délicats objets. Il s'élevait en effet au-dessus d'une confortable banquette circulaire, couverte d'étoffes de Darmstadt, et qui constituait l'un des endroits préférés de la famille pour prendre le thé. L'impératrice exposait ses objets favoris sur un large rebord qui courait le long du dossier de la banquette. Autour du cabinet, il y avait ainsi des vases de fleurs, des bronzes et d'autres petits objets.

Chacune des pièces des appartements privés de l'impératrice disposait d'un coin auquel elle accordait une grande valeur sentimentale et où elle conservait ses objets personnels. Cette "sanctification" des lieux symbolisait la place suprême que sa famille tenait dans sa vie et la manière dont elle interférait dans ses relations avec Dieu. De part et d'autre du cabinet, l'impératrice choisit de placer ses portraits de famille préférés. On trouvait ici quatre pastels représentant ses filles et un tableau de Nicolas en uniforme de la Marine. Les portraits des grandes-duchesses étaient du peintre munichois à la mode, Kaulbach. Ils suivirent la famille en exil en Sibérie en 1917 et certains furent ramenés au palais après le meurtre des Romanov. Plus tard, ils furent vendus par le gouvernement soviétique pour financer clandestinement la promotion du communisme et des partis de gauche à l'étranger, dans les années 1930. Finalement, ces portraits se retrouvèrent à New York, dans les années 1940, chez l'antiquaire A La Vieille Russie et on ne sait pas se qu'ils sont devenus.

Le Salon d'Erable renfermait aussi de nombreuses sculptures, parmi lesquelles des bustes d'Alexis et du frère d'Alexandra, Ernst-Ludwig, ainsi qu'une sculpture en marbre de Tatiana bébé, grandeur nature. On y trouvait aussi des objets Art Nouveau en bronze doré, dont certains, au thème religieux, représentaient une femme voilée ou encore une femme en train de prier. D'autres, en marbre et en bronze, avaient des sujets plus éclectiques, signe que la collection avait été constituée au fil des années, selon ses goûts personnels et au gré des voyages à l'étranger. Il y avait d'autres oeuvres d'art tels que de charmants pastels de Kaulbach, représentant Elisabeth, la soeur d'Alexandra, et un autre d'Ernst-Ludwig, peint en 1906 par Adolph Beyer, ainsi que de délicates aquarelles des artistes russes Elisabeth Bem et Solomko. A côté, il y avait aussi des gravures romantiques, qui plaisaient beaucoup à l'impératrice, mais qui étaient considérées comme de mauvais goût par ses nombreux détracteurs.

A droite: le balcon de l'impératrice.

Les immenses fenêtres du salon étaient tendues de riches étoffes de Darmstadt et de délicats rideaux en dentelle. Dans l'une d'elle, une porte conduisait au fameux balcon de fer forgé de l'impératrice, l'un des nombreux qui entouraient le palais. Celui-ci fut construit par Danini en 1895 lors de la rénovation du palais pour l'installation de Nicolas et Alexandra. Ce balcon était l'un des endroits préférés de l'impératrice et de sa famille, tout au long de l'année, et même l'hiver. On y servait souvent des repas ou le thé, sur des tables chargées de bouquets de fleurs, décorées de nappes, de porcelaine de chine, d'argenterie et de cristaux. Chaque convive disposait d'un menu, rédigé à la main sur un épais carton frappé de l'aigle bicéphale. De lourds rideaux, décorés de motifs grecs, pendaient entre les colonnes et protégeaient le balcon du soleil ou du mauvais temps. Pendant la Première Guerre mondiale, on fit installer un éclairage électrique et la famille pu rester tard dans la soirée. C'étaient des soldats blessés qui avaient construit le mobilier en osier du balcon.

Bob Atchison

Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

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